J’ai toujours aimé imaginer en avance ce que sera le monde de demain, les jeux de demain. C’est d’ailleurs pour cette raison que je bosse depuis bientôt un an sur un secteur que bon nombre d’entre vous ne connaissent pas et qui pourtant va bientôt entrer très logiquement dans nos vies de gamers à tous.
Voici ce que sera (j’en suis sûr) le futur du Looter Shooter, mais pas que…
Overwatch, l’espoir de la licence Blizzard
Nombreux sont les joueurs de Looter Shooters à espérer secrètement le jour ou Blizzard, studio emblématique pour beaucoup de joueurs de l’univers de Warcraft et pionnier incontournable du genre des MMORPG se penchera sur le genre “Looter Shooters”. Il y a eu de nombreux bruits de couloirs, annonçant Overwatch comme un énorme Looter Shooters avec des raids comme l’on peut en voir sur Destiny ou Division, on pourrait même imaginer un système de difficulté graduelle comme les Mythic+, comme ils savent bien le faire dans WoW et même si son gameplay futuriste et dynamique ne plairait pas à tout le monde, le jeu aurait de quoi faire adopter le genre “Shooter Looters” au plus grand nombre.
Les espoirs d’un Looter Shooters venant de Blizzard se sont un peu estompé pour ma part, donc ce n’est plus vraiment une espérance. Et est-ce qu’on est réellement dans le sujet d’ailleurs ?
Ce qu’on peut imaginer de plus probable
Un Looter Shooter en VR.
Quand on parle de futur d’un genre de jeux vidéo, je pense qu’on a tous dans nos têtes les images du film “Ready player One” de Spielberg où les héros sont plongés dans un genre de MMORPG grandeur nature, avec leurs casques de réalités virtuelles sur leur tapis roulant multidirectionnel. Et en effet, je suis d’accord pour dire que la technologie VR est un nouvel outil de taille qui évolue à grande vitesse et qu’une partie du futur du jeu vidéo (mais pas que) aura lieu en réalité virtuelle.
Il y a peu, j’ai expérimenté un escape Game en VR pour la première fois, j’ai eu l’occasion de retester quelques jeux et il est vrai que l’expérience est vraiment prometteuse. Concernant les Looter Shooter, je ne suis pas sûr qu’on soit à deux doigts d’avoir une expérience digne de ce nom en VR, mais ce qui est sûr, c’est que la VR est l’une des options d’avenir pour notre genre favoris.
Un Looter Shooter massivement multijoueur (Cloud Gaming)
Une autre idée assez commune lorsque l’on parle d’avenir des jeux vidéos en général est la capacité à faire rentrer énormément de joueurs en simultané sur le même serveur…
Vous le savez sans doute, mais c’est encore aujourd’hui l’une des problématiques majeures dans l’écosystème gaming actuel. Il n’y a qu’à voir la sortie de Lost Ark en Europe, je pense que la gestion catastrophique d’Amazon (qui sont ironiquement les propriétaires d’AWS – Amazon Web Services, le plus gros service de cloud computing du monde) démontre à quel point la problématique des serveurs est encore un paramètre limitant énorme… Et on parle d’un jeu relativement “léger” comparer à nos Looters préférés…
C’est assez logiquement que l’avenir du looter s’associe donc à ces problématiques de serveurs, on peut imaginer un univers ou notre looter shooters favoris prend place à monde ouvert sur une carte colossal et en multi-joueurs avec 40 000 personnes en simultané.
Ça serait incroyable ! Le Cloud computing, au travers de technologies novatrices permettant à chaque joueur d’allouer une partie de sa puissance informatique afin d’être une petite partie du serveur de jeu sur lequel il se trouve, est la piste explorée par certains éditeurs… Mais là encore, il ne faudra pas être trop pressés !
L’arrivée imminente de la blockchain dans les Looter Shooters
Vous vous en doutez surement beaucoup moins, pourtant à mon sens, vous allez rapidement y être confronté, beaucoup plus rapidement qu’un Looter Shooters digne de ce nom en VR ou un Destiny avec 40 000 joueurs sur votre serveur en simultané. (Si vous souhaitez débuter Destiny, passez voir notre guide !)
Il s’agit de l’intégration de la blockchain sur vos jeux vidéos favoris. Rassurez-vous, j’ai conscience que le sujet est compliqué et a même potentiellement une mauvaise image (à tort), je vais m’efforcer de vous expliquer tout ça en le décryptant de manière claire.
La blockchain : c’est une technologie de stockage et de transmission d’informations, prenant la forme d’une base de données. Qui a la particularité d’être partagée simultanément avec tous ses utilisateurs et qui ne dépend d’aucun organe central.
Mais avant de me lancer dans les usages concrets et l’intérêt pour vous d’une intégration on-chain, il faut que je vous parle très brièvement du “Web 3.0”.
Le web 3.0
Lorsque internet a été créé, il s’agissait à l’époque du Web 1.0 du début des années 1990 environ, jusqu’au milieu des années 2000, une plateforme d’échange unilatérale, un site web pouvait publier des pages web avec une information qui n’allait alors que dans un sens. De l’éditeur de la page vers le lecteur de celle-ci.

À partir du milieu des années 2000, le web a évolué pour devenir l’outil incontournable que l’on connait aujourd’hui grâce à l’apparition des smartphones, du cloud et des réseaux sociaux : le web 2.0. Dans cette nouvelle version sont apparus les GAFAM, c’est-à-dire Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft, des entreprises qui dominent très largement internet.

Même si à premières vues de nombreuses avancées technologiques sont bénéfiques pour nous autres, humains, en réalité quand on creuse un petit peu plus le bilan de ce Web 2.0 n’est pas tout rose. En effet, contrairement à la philosophie initiale d’internet, les géants du web que sont les GAFAM collectent et monétisent nos données à hauteur de plusieurs milliards de dollars annuellement, alors que nous, consommateurs, n’en tirons aucun bénéfices.

Nous avons, aujourd’hui, commencé une transition vers un nouvel Internet porté par l’idéologie de la blockchain qui consiste à pousser vers une décentralisation massive de nos différents services du quotidien : Le Web 3.0. Pour que vous compreniez facilement, le Web 3.0 est un internet plus juste ou l’utilisateur peut reprendre le contrôle sur la sécurité et la confidentialité de ses données persos, éviter les censures et recevoir une partie équitable des gains publicitaires générés par les systèmes utilisés. (Par exemple)
Jusqu’à aujourd’hui, on était plutôt satisfait par ce que le Web 2.0 avait à nous offrir, mais c’était avant l’arrivée de la blockchain, cette technologie qui se positionne comme une réelle alternative.
Certains gros studios préparent déjà la transition
Aujourd’hui, Meta, l’entreprise de Mark Zuckerberg qui détient Facebook, a annoncé son virage radical vers le web 3.0 avec son Métavers (un sujet encore différent), dans le même genre Epic Games a levé plus de 2 Milliards de dollars pour financer l’implémentation de la blockchain dans un ou plusieurs jeux et pour finir le patron de Square Enix a de nombreuses fois témoigné son intérêt très fort pour ces nouvelles technologies, nous laissant imaginer l’arrivée imminente de cette dernière au sein de leurs jeux. (Coucou Outriders)
Du coup un The Division 2 ou un Destiny 2 du futur ça donne quoi ?
Technologiquement, l’arrivée de la blockchain dans nos jeux préférés ne va pas radicalement changer votre manière de jouer, en tout cas pas si vous ne le souhaitez pas. Je m’explique :
Des licences looter-shooter aurait tout intérêt à intégrer la blockchain au sein de leur jeu pour donner juridiquement et techniquement la propriété des objets (loot) ou skins au joueur. En effet, aujourd’hui dans un jeu traditionnel, vous n’êtes absolument pas propriétaire de votre personnage et encore moins de ces skins (sauf quelques exceptions sur Steam, avec quoi qu’il arrive un intermédiaire qui centralise le processus).
Dans mon premier exemple, je vais vous parler de la mise en place de la blockchain concernant vos skins. Vous avez peut-être acheté un skin sur Destiny ou Division. Une fois que vous possédez ce skin, il est lié à votre personnage, mais vous ne pouvez absolument rien en faire, et même pire, vous pouvez vous faire bannir après avoir dépensé parfois plusieurs centaines de milliers d’euros… et donc perdre vos avantages cosmétiques. Grâce à la mise en place de la blockchain et des NFT (qui ont une très mauvaise image à tort), vous serez demain propriétaire de vos skins à 100%, quoi qu’il arrive et sans que l’éditeur de votre looter shooter préféré ne puisse faire quoi que ce soit pour vous le retirer ou vous empêcher d’en faire ce que vous voudrez en faire.
Imaginez simplement, vous êtes aujourd’hui en mesure d’acheter un skin d’arme qui vous plait (sans aucune intention de spéculer, mon objectif n’est pas de mettre en avant la possibilité de gagner de l’argent, le but, c’est de jouer et de s’amuser ici), ce n’est pas moi qui vous jugerai, je suis moi-même un gros client de skins en tout genre sur les jeux sur lesquels je passe, seulement contrairement à d’habitude, ce skin vous appartient vraiment, grâce à la technologie blockchain, c’est immuable, ce skin est à vous et à personne d’autre. Ce qui veut dire que vous pouvez tout à fait décider de le revendre au moment où vous souhaitez faire une pause de votre looter shooter préféré afin de vous acheter votre prochain jeu vidéo par exemple…
Le processus est plutôt logique, lorsque vous achetez une voiture dans la vrai-vie, il est fort probable que vous gardiez dans un coin de votre tête le paramètre de la revente. Quand bien même vous n’y pensez pas, vous savez qu’il s’agit à présent de “votre” voiture, et donc vous en faite bien ce que vous voulez. Il en sera de même avec vos skins demain.
Peut-être que vous vous dites “Mais Zalidan, pourquoi est-ce qu’un éditeur de jeu vidéo comme Ubisoft nous donnerait la propriété d’un skin dans un de leur jeu ? Ils ont tout à perdre, non ?”
Et je vous répondrais que pas du tout, au contraire, cette nouvelle technologie est viable pour le joueur comme pour l’éditeur du jeu vidéo. En effet, la blockchain permet aussi aux créateurs adoptant ce choix technologique de mettre en place des royalties “immuables” au travers de contrats intelligents automatique.
En gros, imaginez acheter votre plus beau skin sur votre Arcaniste sur Destiny 2, vous avez la classe, ça n’a pas de prix, 6 mois après un nouveau jeu sort, vous faites une pause de Destiny 2, le nouveau jeu coute 30 € et vous vous rendez compte que le Skin d’Arcaniste que vous aviez acheté 10 € (directement à Bungie) il y a 6 mois en vaut 20 aujourd’hui (l’offre et la demande). Vous revendez donc votre skin parce que vous considérez en avoir assez profité, et vous achetez le jeu en complétant avec 10 € de votre poche…
Deuxième cas de figure, vous achetez un Skin à 20 € à Bungie, que vous revendez à 10 € 6 mois après (le prix a baissé), afin de vous acheter un nouveau skin qui vous plait.
Sur chacune de ces reventes sur le marché secondaire, l’éditeur du jeu vidéo prend un “royalties” c’est-à-dire une petite partie de la revente, et cela, sans limites de temps et de manière complètement automatique. L’avantage côté éditeur est conséquent.
Et les éditeurs, ou en tout cas nombre d’entre eux, en ont parfaitement conscience. Ubisoft a d’ailleurs essayé d’intégrer les NFT dans un jeu que vous connaissez assez bien : Ghost Recon Breakpoint. La nouvelle a été très mal accueillie par la communauté, non pas parce que l’idée est mauvaise, mais parce que la technologie n’est pas encore comprise et trop associés à des abus et arnaquent, elles, bien réelles.
Les alternatives plus agressives de la blockchain
On a imaginé ensemble une intégration relativement “douce” et sans impact pour la communauté des jeux existants, qui sera encore pour longtemps, la seule intégration viable avant que le grand publique se familiarise avec ces nouvelles technologies et que les nouvelles technologies elles-mêmes s’adaptent au grand public.
Mais imaginons maintenant une version beaucoup plus discutable, imaginons que chaque élément, chaque loot, chaque monnaie de vos jeux deviennent une propriété. Imaginez pouvoir revendre sur un marché secondaire une pièce d’équipement godroll ou une arme exotique surpuissante.
C’est finalement déjà possible sur certains jeux depuis des années et de manière “interdite” au travers de ce qu’on appelle le Real-World-Trading. Certaines entreprises chinoises génèrent plusieurs centaines de millions de dollars par an en revendant de la monnaie virtuelle ou des services dans différents jeux vidéos.
Je ne suis pas en train de dire que cette vision plus incisive de l’intégration de la blockchain est la bonne solution, mais je pense qu’il s’agit également d’un axe à envisager si on veut essayer de prévenir le futur des looter shooters.
Certains projets de jeux vidéo de ce type sont en cours de développement et vont pouvoir nous donner quelques informations sur la faisabilité et la viabilité de tels projets de décentralisation.
Pour conclure, vous vous dites peut-être que l’arrivée imminente d’un droit de propriété sur vos skins ou vos possessions au sein du jeu n’est pas nécessaire, et que tout ce qui vous importe est de continuer à vous amuser. Et vous avez raison, la réalité, c’est que rien ne va transformer votre expérience de jeu dans les prochaines années, la transition vers des jeux “décentraliser” se fera sûrement bien plus tard et nous en sommes encore loin.
Pour ma part, je me suis passionné par ses évolutions technologiques et particulièrement par le blockchain Gaming durant les 12 derniers mois. Je vais profiter de mon audience ici à l’avenir en essayant de vous décrypter cet univers aussi passionnant que complexe en l’imageant avec des jeux ou des situations qui vous parle.